Une exploration approfondie de son rôle chez Atletec.
Après près de deux ans de présence d’Atletec en LFL division 2, la structure doit malheureusement se retirer de la compétition pour des raisons financières. Pour l’occasion, nous avons discuté avec “Blazzios”, le team manager de l’équipe lors de son dernier split pendant l’été 2023, qui est, à ce jour, le meilleur résultat d’Atletec, avec une deuxième place décrochée lors des playoffs.
Est-ce que tu peux te présenter et nous parler de ton début de carrière dans l’esport ?
J’ai commencé à travailler dans l’esport en tant que commentateur dans une association appelée Omerix. À partir de 2021, j’ai entamé une carrière dans le recrutement et les relations dans l’esport League of Legends. Pendant la période Covid, j’étais employé dans le service logistique d’un hôpital. À la fin de l’année 2022, l’ambition de me lancer dans l’esport a germé, tout en maintenant un emploi tampon pour couvrir mes charges. J’ai rejoint l’association Cicadas Gaming en tant que service civique, avec pour projet le lancement d’un cyber-café. Puis, lors de l’intersaison de 2023, j’ai intégré Atletec en tant que team manager.
Comment s’est déroulé ton recrutement chez Atletec ?
Il s’est déroulé rapidement. Ils recherchaient un nouveau manager, alors j’ai postulé. Je connaissais déjà “Cook”, le head coach de l’équipe, qui était un ancien collègue et a soutenu ma candidature. Comme on le sait dans l’esport, le réseau joue un rôle crucial. Pendant pratiquement tout le Spring Split, Cook a dû assumer à la fois les responsabilités de coach et de manager. Il a réalisé qu’il ne pouvait plus continuer ainsi. Compte tenu de notre historique et de nos profils relativement similaires, tout s’est concrétisé rapidement !
Peux-tu me décrire ton rôle au sein de la structure ?
Le rôle de manager est peut-être le plus complexe, car il touche à tout. Si on devait le résumer, je suis chef de projet pour la section League of Legends. Je m’occupe du management du groupe, mais je suis aussi impliqué dans le recrutement, notamment la partie scouting, chasseur de têtes, détection de talents, etc. C’est ainsi que je définirais mon rôle en tant que team manager, bien que cela puisse varier en fonction des personnes et des structures. Il est important de noter que j’ai commencé à discuter et à travailler avec “Cook” sur la constitution du roster juste avant mon officialisation. Cependant, c’est lui qui a effectué la majeure partie du travail en scoutant certains profils et en entrant en contact avec certains joueurs, ce qui était difficile pour moi n’étant pas encore officiellement dans l’équipe. Je tiens particulièrement à remercier Atletec de nous avoir fait confiance et de nous avoir donné carte blanche pour la construction de l’équipe. Ils ont pris le risque de nous engager, Cook et moi, et de nous laisser gérer les choses à notre manière !
Quelle a été la réflexion derrière le recrutement de CRoNiiK et de Kamiloo ?
Il y a eu une volonté de ma part de constituer un roster international. Le constat était simple : nous avions des profils de jeunes joueurs talentueux comme Myrtus, qui a effectué des essais lors de la mi-saison mais qui avait grandement besoin de travailler sa communication en anglais. Comme nous souhaitions qu’Atletec soit un projet formateur afin d’envoyer ces jeunes au plus haut niveau, il était dans notre intérêt de former au mieux des profils comme Myrtus ou encore Kamiloo. Nous avons testé plusieurs combinaisons pour le duo mid-jungle, envisageant de rester dans un roster uniquement francophone. Cependant, CRoNiiK nous a convaincus. En ce qui concerne Kamiloo, il était déjà une piste pour le Spring Split. Malheureusement, le processus a été un peu chaotique, et il a fini par signer chez PCS. Arrivé en même temps que nous, Nayas, le positional coach, nous a énormément aidés dans l'accompagnement de Kamiloo. C'était un pari que j'ai personnellement fait, car nous avions des profils plus expérimentés, mais avec Nayas, je n'avais aucun doute sur l'évolution de Kamiloo.
Ton arrivée ainsi que celle d'autres personnes comme Nayas ont-elles permis à l'équipe d'insuffler une nouvelle façon de travailler ?
Avant notre arrivée, Cook tirait sur la corde, Grizzor étant complètement bénévole et ne pouvant pas s'investir entièrement dans le projet. Dès notre arrivée, nous avons pu clarifier nos méthodes de travail, en mettant en place de nouveaux processus inspirés de Romain Bigeard, qui reste le "goat". Nayas a beaucoup travaillé en collaboration avec Cook, effectuant un suivi régulier des joueurs qu'il encadrait, tels que Deimos et Kamiloo, pour stabiliser notre jeu. Comme Cook était seul avant notre arrivée, il ne pouvait pas évacuer la frustration lors des défaites, car si le bureau voyait que son head coach commençait à se monter la tête, cela pouvait susciter des inquiétudes, ce qui est normal. Mon rôle était donc de discuter avec lui pour lui permettre de relâcher la pression et surtout de tenir les dirigeants au courant de ce qui se passait lors des scrims, de pourquoi nous avions perdu cette game, etc.
Vous terminez deuxièmes des Playoffs de LFL2 malgré une 6ème place lors de la saison régulière, comment expliques-tu ce résultat ?
Il faut savoir que notre situation était très particulière. Nous avions deux joueurs au lycée qui passaient leur bac et un joueur, Rift, qui devait effectuer son service civique en Suisse. Il devait donc enchaîner des heures de scrims après avoir travaillé toute la journée dans un Ehpad. Il est également important de noter que la qualité des entraînements n'était pas optimale, car nous nous entraînions le soir à 19h, donc il y avait moins d'équipes à scrim. Merci à Wizard en Superliga 2 de nous avoir aidés tout au long de la saison, même si un entraînement à cet horaire était suboptimal. Cette situation a créé beaucoup d'instabilité au sein de l'équipe. La majorité des joueurs étaient fatigués à cause de leur journée, provoquant des méformes lors des scrims et rendant les données de certaines sessions d'entraînement presque inutilisables. Nous avons donc laissé passer pas mal de victoires, nous nous sommes qualifiés lors de la dernière journée face à JL. L'objectif était rempli, nous étions en playoffs. Nous savions qu'une fois la saison régulière passée, la suite serait différente, car toute notre équipe passerait en full-time. Au final, nous avons bien vu la différence. En arrivant sur la faille, ils jouaient sans aucune peur, et je pense que cela a pu dérouter certaines équipes. Nous avons réussi à créer notre propre style de jeu basé sur les escarmouches et les teamfights, ce qui nous a permis d'arriver en finale contre TDS. Attention, ce n'était pas simple, loin de là, puisque nous avons passé en faisant trois beaux BO contre de très bonnes équipes !
La saison se termine et le 11 octobre, la nouvelle tombe : Atletec quitte la LFL2 pour des raisons financières. Comment avez-vous appris la nouvelle ?
C'était très particulier, car dans tous les cas, les joueurs et le staff partaient dans l'idée d'explorer leurs options, comme c'est presque tout le temps le cas à ce niveau-là. Pour mon cas, à ce moment-là, j'ai eu des discussions avec le bureau pour savoir ce qu'ils comptaient faire. Initialement, le projet Atletec était censé être une année de transition, où ils voulaient former des jeunes sans grandes prétentions, pour que l'année d'après, ils puissent réinvestir et faire une grande saison. Finalement, ils m'ont dit que potentiellement cela ne rentrait pas dans leurs frais, et qu'ils allaient peut-être devoir se séparer du slot, et qu'il fallait explorer nos options. J'ai donc regardé à droite et à gauche. Même si j'avais cette volonté de rester chez Atletec pour vraiment construire quelque chose, étant arrivé en fin de split, je me suis dit que je leur devais bien cela. À la fin, il y a eu ce communiqué d'Atletec qui est sorti assez tard, peut-être à cause de la Coupe de France qui venait clore les débats, me laissant un peu sur la touche. Malheureusement, au moment où je pensais pouvoir continuer avec eux, certains managers ont verrouillé leur place dans des équipes, et il ne peut y avoir qu'un seul chef de projet. C'est vrai que j'aurais pu faire comme tout le monde et parler avec d'autres équipes, mais j'étais à fond dans ma compétition. Je pense qu'on leur a permis de sortir la tête haute. Durant la saison, il y a eu quelques difficultés, mais on s'est qualifiés, puis on a terminé deuxièmes.
Pour conclure, peux-tu me donner ton avis sur la prochaine saison de LFL2 ? Selon toi, à quoi ressemblera le niveau ?
Je pense que nous aurons une belle compétition avec au moins huit équipes très compétitives, et deux équipes moins performantes peut-être en raison d'une gestion discutable ou d'un budget plus réduit. Cette division 2 sera donc très intéressante à suivre ! Je pense notamment que le roster d'Ici Japon peut être très performant. Malheureusement, selon moi, je suivrai sûrement la compétition depuis mon canapé, en espérant trouver une équipe qui me ferait de nouveau confiance ! Je pense avoir encore énormément de choses à apporter. Mon scouting est prêt, et je suis toujours à la recherche de projets !
- Plad -
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